Afin de comprendre l’avenir des soins de santé et du vieillissement, il importe d’être au fait des changements physiques, mentaux et sociaux qui se produisent au fur et à mesure que les personnes vieillissent. Comprendre le « processus du vieillissement » inclut être en mesure de décider ce qui peut être attribué au vieillissement normal plutôt qu’aux maladies liées à l’âge.

Les enfants du baby-boom sont nés après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, entre 1945 et 1965, et sont maintenant âgés de 65 ans et plus. Il s’agit d’un groupe important qui a une incidence sur l’avenir des soins de santé et du vieillissement. Au cours de cette période, la génération du baby-boom a produit environ 1,5 million de naissances additionnelles, ce qui augmentera considérablement le nombre des Canadiens de plus de 65 ans dans les 25 prochaines années.

Chose importante pour les soins de santé au Canada, les enfants du baby-boom sont la génération la plus riche, la plus active et avec la meilleure forme physique, à atteindre le stade de vieillesse. L’arrivée des enfants du baby-boom dans le groupe des personnes de plus de 65 ans donne lieu à de nombreuses questions sur les soins de santé et le vieillissement. Par exemple, est-ce que moins d’enfants du baby-boom souffriront de maladies chroniques importantes comme les maladies du cœur, l’arthrite, le cancer, la dépression, les maladies respiratoires, la maladie d’Alzheimer et le diabète? Comment le secteur des soins de santé doit-il s’ajuster aux valeurs des grandes attentes des enfants du baby-boom en matière de qualité des soins de santé pour leurs parents et eux-mêmes?

Nous savons, selon les recherches effectuées dans le domaine de la santé publique et de la population, que les personnes riches et mieux éduquées jouissent généralement d’une meilleure santé que les personnes pauvres et illettrées. Cet important corpus de recherche révèle également que les personnes qui vivent dans des communautés où elles se rendent au travail, aux magasins ou dans d’autres établissements en marchant ou à bicyclette, sont en meilleure santé que celles qui vivent dans les communautés où cela n’est pas possible. La recherche auprès des personnes âgées montre également qu’il n’est jamais trop tard pour s’arrêter de fumer, devenir plus actif physiquement, nouer de nouvelles amitiés ou retourner à l’école, étant donné que tous ces types d’activité améliorent la santé et la qualité de vie.

Ces faits ne sont pas compris par bon nombre de personnes dans la société, y compris les dirigeants de nos gouvernements et d’entreprises privées. La planification des communautés, les politiques en milieu de travail, les programmes scolaires et les médias requièrent tous une meilleure compréhension de ces déterminants de la santé. Si davantage est fait pour modifier la façon dont nos communautés abordent ces déterminants, certains avancent que les besoins en matière de santé des personnes utilisant le système de soins de santé changeront.

Les personnes dans un nombre de professions pourraient utiliser ces nouvelles connaissances pour décider de politiques et de programmes, notamment du point de vue du macroscopique (comme par exemple la planification gouvernementale) et du point de vue du microscopique (comme par exemple la gestion d’un établissement de soins de longue durée). Ces professions incluent des emplois différents dans des domaines variés allant des sciences, comme la biologie et la psychiatrie, aux politiques publiques, comme la planification urbaine et la science politique.

Il est vrai que les Canadiens ont créé un système de soins de santé très complexe. Les changements intellectuels liés à la compréhension de ces complexités et la collaboration avec une variété de personnes en vue de nouvelles approches aux soins de santé ― et en particulier, aider les personnes âgées à rester actives et engagées ― est très enrichissant. De nouveaux défis excitants dans le domaine des soins de santé vont émerger dans les 10, 20 et 30 prochaines années. Les étudiants poursuivant des études en vue de travailler dans ces types de professions devraient insister pour que les sujets se rapportant aux soins de santé des personnes âgées forment la plus grande partie du curriculum de leurs programmes d’enseignement.