Le secteur d’activité diffère aujourd’hui de ce qu’il était il y a quelques temps. Au cours des 10 ou 20 prochaines années, les pupitres d’éclairage et les lampes continueront de s’améliorer. Les DEL prennent petit à petit le relais. Cela offre des avantages évidents : comme elles sont plus petites et ne produisent pas de chaleur, on peut les dissimuler dans le décor; elles consomment très peu de courant et permettent toutes le mélange de couleurs ce qui les rend parfaites pour le milieu des affaires, mais elles posent quelques défis sérieux en ce qui concerne le théâtre. Elles sont encore très froides, elles vacillent lorsqu’elles sont réduites et la plupart des appareils ne sont pas équipés de volets ou d’obturateurs. Je les utilise souvent pour créer des effets spéciaux mais elles ne peuvent pas encore remplacer les ampoules électriques. En dépit de ces changements, je ne pense pas que le rôle du concepteur éclairagiste va changer dans le proche avenir. Il n’a pas changé depuis les années 40. Alors que la technologie en matière de conception de projecteurs évolue très rapidement, elle vise davantage le secteur des affaires que celui du théâtre.

Provenant d’un pays aussi petit que l’Israël, je n’ai pas reçu de formation officielle. La plupart des spectacles se déplacent, mais les concepteurs ne les accompagnent, alors j’ai appris mon métier en utilisant les conceptions d’autres personnes en tournée. Je ne prévoyais pas de devenir concepteur éclairagiste, alors j’ai simplement appris sur le tas. Contrairement aux créateurs de costumes, un concepteur d’éclairage doit être créatif sous pression. Nous ne disposons pas de plusieurs mois pour y réfléchir à l’avance étant donné que le temps au théâtre coûte cher et qu’il est en général très limité, alors nous accomplissons le gros de notre travail sous les regards du metteur en scène et des acteurs.

Si vous êtes un étudiant aspirant à la conception d’éclairage, allez voir beaucoup de pièces. Faites une majeure en théâtre ou en cinéma. Apprenez à devenir un bon technicien, essayez de connaître toutes les consoles d’éclairage. Apprenez à faire nombre de choses, n’ayez pas peur de vous salir les mains et tentez d’acquérir le plus d’expérience possible. C’est ainsi que j’ai appris. À mon arrivée au Canada, en 1999, j’ai travaillé comme programmateur de pupitre d’éclairage au Vancouver East Cultural Centre pendant un an, où j’ai rencontré la plupart des autres concepteurs éclairagistes de la ville. J’ai appris à observer la façon dont ils procédaient, ce qui a largement contribué à mon développement. Lorsque je me suis lancé dans la conception, j’ai saisi toutes les occasions qui se sont présentées : j’ai travaillé pour des spectacles d’écoles secondaires, de festivals « fringe », de programmes d’enseignement coopératifs, d’universités, tout ce qui pouvait m’aider à acquérir de l’expérience et à passer du temps dans le monde du théâtre.

Je conçois environ 15 spectacles par an, je voyage dans le monde entier et je rencontre une foule de gens exceptionnels. C’est ce que j’apprécie le plus dans ce métier : les amis que j’ai fait au fil des ans. J’ai eu le grand bonheur de travailler au Brésil, aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Allemagne et ici et là entre le Yukon et Terre-Neuve, et j’ai lié des amitiés partout où je suis passé. Il y a un véritable esprit communautaire dans le monde du théâtre au Canada. J’ai des amis proches partout au pays et j’ai l’occasion de travailler avec eux très souvent et de développer des liens artistiques avec eux avec le temps, ce qui est très excitant.