Parlez-nous de votre rôle.

Je travaille actuellement en qualité de producteur indépendant aux informations à la SRC à Toronto. J’ai commencé à travailler là en 1999, et j’ai occupé différentes fonctions, notamment celles de radio-technicien, de reporter, de rédacteur, d’écrivain et de producteur de projet. Je mets l’accent sur l’aspect national de la SRC, car, par sa nature, c’est l’un des éléments les plus stimulants de mon travail. C’est un privilège de travailler sur des histoires qui se produisent un peu partout au Canada, et de collaborer avec mes collègues dans chaque province et territoire.

Qu’est ce-qui vous plait dans votre travail?

Comme je l’ai dit, j’adore être bien au fait de ce qu’il se passe politiquement, socialement et économiquement dans l’ensemble du Canada. Nous vivons dans l’un des pays les plus diversifiés et fascinants au monde. Pour les journalistes, c’est un endroit merveilleux qui ne nous laisse jamais à court d’histoires touchantes peuplées de personnages colorés. Nous tentons constamment d’améliorer la manière dont nous présentons le Canada aux Canadiens.

C’est également formidable de faire partie d’une organisation qui valorise le journalisme d’investigation et lui consacre des fonds ― l’année dernière seulement nous avons présenté les découvertes de la surveillance de l’Agence nationale de sécurité et la saga de la consommation de drogues de Rob Ford.

Comment votre emploi risque-t-il de changer à l’avenir?

Au risque de ne pas vous donner de satisfaction, la vérité est que je ne le sais pas. Nombre emplois des médias traditionnels sont actuellement en constante évolution. Les gens veulent avoir plus de pouvoir pour choisir le contenu de leurs informations. Ils veulent obtenir des nouvelles sur demande, où qu’ils soient, sur leurs appareils mobiles. Les programmeurs et les rédacteurs doivent être agiles et conscients de la façon dont la technologie et les goûts changent. De moins en moins de personnes lisent le même journal tous les jours, ou regardent ou écoutent les mêmes programmes de nouvelles à la télévision ou à la radio. Le modèle de consommation médiatique de Netflix et l’utilisation de médias sur des appareils mobiles, à son gré  et sur une base individuelle est ce vers quoi nous nous dirigeons.

Nous vivons actuellement dans un univers multimédia où les gens affichent des choses sur Twitter quelques secondes après qu’elles se sont produites, sans se soucier de leur exactitude. Les médias sociaux sont à la fine pointe de l’action, découvrant et changeant sans cesse les histoires et les nouvelles. C’est ce qui constitue la première vague d’investigation. Pour moi, c’est ce qui fait qu’il est encore plus important que les médias grand public soient solides et vigilants. Dans l’avenir, les médias grand public devront agir comme filtre pour aider le public à éplucher ce qui apparaît sur Facebook, Twitter et la toute dernière plateforme en ligne. En tant que journalistes, nous devons être judicieux, séparer le bon grain de l’ivraie, et conserver les meilleures histoires en circulation, celles qui sont les plus importantes et les plus exactes histoires.

 

Que devraient savoir les étudiants intéressés par votre domaine?

Il est bien évident que les médias grand public trouvent constamment des moyens de créer du contenu avec moins de personnel. Ce qui signifie que les jeunes journalistes éprouvent plus de difficultés à trouver du travail. Mais cela ne devrait pas décourager les personnes que se sentent attirées par la profession. Les meilleurs talents seront toujours remarqués – que ce soit lors d’un stage ou lorsqu’ils soumettent du travail en tant que journaliste indépendant. Les bons conteurs d’histoires trouvent toujours une tribune à qui les raconter.

Cela dit, la plupart des gens auront plus de chances de s’immiscer dans les salles de presse des grandes villes, s’ils ont déjà acquis de l’expérience dans l’arrière-pays. Vous souhaitez travailler pour un grand quotidien? Commencez par passer un été dans celui d’une petite ville. Vous aspirez de devenir diffuseur? Offrez vos services à titre de bénévole ou soumettez votre candidature pour des postes dans des stations-relais dans des centres provinciaux ou au Nord.

N’écartez pas le besoin de devenir bimédia et de posséder de multiples talents. Développez des compétences et préparez un portefeuille dans autant de médiums que possible. Apprenez à écrire pour la diffusion, même si vous tenez à travailler dans la presse écrite. Si vous voulez une carrière en télévision, comprendre comment fonctionne la radio pourrait vous donner l’avantage qui vous démarquera. L’époque où les journalistes travaillaient dans des médias distincts est révolue. C’est un vieil adage, mais plus pertinent que jamais en journalisme. Plus vous possédez des compétences en tant que conteur d’histoires, plus vous aurez la chance d’être engagé par des éditeurs affairés qui peinent à créer du contenu avec des budgets réduits.