Q et R : L’avenir du génie aérospatial

The Future of Spaceflight

Quels sont les aspects de la physique qui vous ont attiré et motivé à explorer le génie aérospatial?

J’ai été attiré par la physique parce qu’elle tente de découvrir les causes sous-jacentes de la manière dont les choses fonctionnent. Avec la physique, on essaye de trouver le noyau d’un schéma, puis de le reprendre dans une autre situation pour voir si l’on peut prédire comment les choses vont fonctionner.

Honnêtement, je me suis retrouvé dans l’aérospatial parce que, étant étudiant en doctorat, j’avais besoin d’un travail à temps partiel pour gagner suffisamment d’argent pour manger! J’ai trouvé du travail chez Neptec, dans la préparation de l’équipement pour la première mission de vol. Après avoir travaillé à temps partiel pendant deux ans, on m’a proposé un poste pour diriger le bureau de la société à Houston. J’ai fini par diriger l’ensemble de la société.

Comment vos études vous ont-elles préparé pour une carrière dans l’exploration de l’espace?

Le travail que j’ai accompli dans le cadre de ma maîtrise et de mon doctorat n’avait en réalité pas grand chose à voir avec ce que j’ai fait lorsque j’ai commencé à travailler chez Neptec. Il est intéressant de noter que, en ce qui à trait à la nécessité d’obtenir une éducation et une formation en vue d’occuper un poste précis, au bout du compte j’ai acquis de nombreuses compétences en effectuant des projets de recherche au niveau des études supérieures, qui ont été très importantes quand j’ai commencé à travailler chez Neptec.

J’étais également membre de la Première réserve du Canada, les Forces canadiennes, pendant 13 ans, depuis l’âge de 16 ans. On obtient une formation pratique sur le leadership et sur les opérations dans l’armée, qui s’est avérée très utile dans les nombreux postes que j’ai occupés. Il existe des parallèles entre la structure à la NASA et la structure dans toute sorte de hiérarchie, comme celle des forces armées.

Pourriez-vous nous en dire plus sur le rôle que vous avez occupé à la NASA et au Centre spatial Johnson?

J’ai travaillé avec des astronautes. En fait, j’ai travaillé avec Chris Hadfield lors de son premier vol en 1994. Je lui ai appris à utiliser notre système, qui représentait une toute petite partie de l’ensemble de la mission de son vol à bord de la Mission STS-74. Aider à former les astronautes, aider à écrire les procédures à suivre a été captivant. Des personnes de chez Neptec ont travaillé au contrôle de mission de chaque vol pour veiller à ce que l’équipement fonctionne adéquatement.

Me trouver au contrôle de mission a été réellement excitant; ne serait-ce que pour assister au lancement et au retour réussis de la navette spatiale, et de savoir que j’y avais joué un rôle actif.

À quoi pourrait ressembler votre rôle dans les 10 à 20 prochaines années?

Eh bien, le rôle que j’exerce à présent sera sans doute très semblable, étant donné qu’il est en grande partie lié aux politiques et au gouvernement. Mon travail consiste à interpréter les politiques au bénéfice de l’industrie, et l’industrie au bénéfice des politiciens. Tant que l’aviation et l’aérospatial demeurent des secteurs d’activité d’une importance cruciale, il y aura des politiques gouvernementales qui les toucheront directement. Et tant qu’il y a des politiques gouvernementales, il faudra que quelqu’un fasse le travail que je fais.

Et dans le contexte du secteur privé?

Si l’on se fonde sur les chiffres et sur les tendances, je pense que nous sommes sur le point de connaître une autre expansion dans les programmes spatiaux civils à l’échelle mondiale, surtout à cause de l’émergence de nouveaux participants comme la Chine et le Brésil. Les pays développés dans le domaine spatial auront la tâche difficile de maintenir leur leadership en soutenant le même rythme d’évolution que certains de ces autres pays. Ils seront obligés d’élargir quelques-uns de leurs programmes. Ce genre de programme spatial civil connaîtra un renouveau au cours de 20 prochaines années.

Pensez-vous que les domaines de la robotique ou de l’intelligence artificielle vont changer l’industrie aérospatiale?

C’est incroyable à quel point la fabrication a évolué. Les avions n’ont pas l’air d’avoir beaucoup changé pour la personne assise dans une aérogare. Mais si vous vous étiez rendu dans une usine de fabrication, vous ne la reconnaitriez plus. Les progrès sont non seulement visibles dans les domaines de la robotique et de l’intelligence artificielle, mais également dans celui de l’automatisation. Tout maintenant est étiqueté. Un système fait le suivi de tout pour que rien ne soit oublié, que rien ne soit laissé en arrière et que tout soit assemblé correctement, même le montant de rotation qui a été appliqué à un boulon pour assurer sa bonne installation.

Trouvez-vous également que les processus de prototypage et de recherche et développement changent et deviennent plus efficaces?

Eh bien, tout suit le rythme des affaires. L’industrie aérospatiale est fortement intensive en recherche et en développement. Au Canada, l’industrie aérospatiale dépense plus par personne que n’importe quelle autre industrie sur toute une gamme de programmes de recherche et de développement : de l’innovation des processus à celle des matériaux, jusqu’aux nouveaux concepts. Les industries aéronautique et spatiale font partie du monde des affaires où, si l’on ne s’améliore pas chaque jour, on est délaissé.

Quelles sont les compétences nécessaires pour entrer et survivre dans le domaine du génie aérospatial?

L’industrie cherche deux types de personnes : celles qui ont les compétences techniques pour travailler dans des ateliers d’entretien et de renouvellement, et celles qui possèdent le sens de l’ingénierie pour travailler sur des nouveaux concepts et des innovations.

Ce que vous avez étudié à l’école n’est pas toujours d’une importance primordiale. Ce qui compte davantage est d’arriver avec les compétences nécessaires pour faire de la recherche et pour contribuer, et pour travailler de façon productive en tenant compte du processus de la société. Il est toujours préférable d’avoir une personne qui a une excellente éducation et la bonne attitude que d’avoir quelqu’un qui se présente avec les qualifications nécessaires, mais qui n’est pas prêt à apprendre.

Ce qui est essentiel pour ceux qui cherchent du travail est qu’ils aient une idée claire de ce qu’ils peuvent faire pour aider l’entreprise pour laquelle ils veulent travailler. Le processus d’embaucher quelqu’un pour faire un travail consiste à trouver une ressource qui va contribuer aux profits d’une entreprise. Si vous ne pouvez pas expliquer clairement comment vous allez arriver à contribuer aux profits d’une entreprise, vous ne serez pas capable de dire à la personne qui va vous offrir un emploi comment vous pouvez l’aider.

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