Q. et R. : L’avenir de l’agriculture urbaine

The Future of Urban Farming

Qu’est-ce que l’agriculture urbaine?

Les gens cultivent la terre où ils habitent depuis le tout début des pratiques agricoles il y a 10 000 ans. Dans de nombreuses parties du monde, cultiver des récoltes et élever du bétail dans une ville contribuent à une grande partie des sources de nourriture locales. L’agriculture urbaine prend plusieurs formes : dans les cours de derrière, dans des jardins de contenants sur le balcon ou même sur un rebord de fenêtre de cuisine. Sur une plus grande échelle, l’agriculture urbaine peut avoir lieu dans des jardins communautaires ou sur des terrains vagues, ou encore sur des terres et des espaces remis en état qui ont été convertis à ces fins.

L’agriculture urbaine touche de nombreux aspects de la production de la nourriture d’une ville et de son réseau de distribution. La nourriture qui est produite dans les espaces personnels des gens peut supplémenter leur régime quotidien. Les réseaux de marchés fermiers et les connexions avec des organisations comme les banques alimentaires aident aussi à relier les gens aux aliments produits localement. Étant donné que l’agriculture urbaine peut toutefois prendre des formes très différentes, le potentiel de carrières et de possibilités à explorer dans ce domaine reste à établir.

 

Que font les agriculteurs urbains?

Un agriculteur urbain produit des aliments pour répondre à la demande de produits agricoles fournis à l’intérieur ou à proximité de la ville. Les agriculteurs urbains touchent à tous les aspects de l’agriculture traditionnelle : qu’il s’agisse de créer un plan des cultures ou de la récolte et de la distribution. Ils pourraient toutefois devoir adapter leurs techniques et leurs approches afin de résoudre les demandes uniques de l’agriculture dans un espace urbain, comme un accès limité à la terre. Mélisanne considère la nature de bout en bout des responsabilités comme un gros atout : « Dans d’autres emplois, vous avez habituellement la charge d’une petite partie d’un projet. Les agriculteurs font tout, pour le meilleur ou pour le pire. » Caitlin est d’accord sur le fait que les fermes sont intrinsèquement entrepreneuriales : «  Si un agriculteur urbain débutant possède sa propre ferme, il lui faudra aussi avoir une bonne compréhension de la planification commerciale, de l’établissement de budget  de la promotion et de la marque. »

Les agriculteurs urbains peuvent affecter d’autres secteurs et des domaines liés à la production, à la distribution, à la consommation et à l’éducation alimentaire. Ils peuvent s’associer à d’autres organisations pour améliorer le profil global de la nourriture saine et durable et de l’intérêt qu’elle suscite, et pour développer leurs compétences en matière d’éducation participative, de développement et de facilitation communautaires.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’agriculture urbaine?

Pour la plupart des agriculteurs urbains, l’aspect principal de leur métier est la capacité d’établir des connexions et des relations significatives entre des communautés et la nature. Caitlin estime que l’agriculture urbaine lui fournit des possibilités de « participer à la nature d’une façon qui est rarement possible en ville… Je noue des relations fondées sur un dialogue à propos des choses qui touchent nos vies. » Le fait qu’elle est propriétaire de Sage Rising et qu’elle est engagée dans d’autres activités de justice et d’éducation alimentaire lui permet de contribuer et de participer aux systèmes écologiques, alimentaires et de santé locaux au sein desquels tout le monde à les moyens et les connaissances requises pour cultiver, traiter, vendre, acheter et partager des aliments de base sains.

Mélisanne pense que l’agriculture urbaine est inspirante et elle dérive beaucoup de satisfaction en voyant les fruits de son travail. « Apprendre comment une ferme fonctionne et acquérir suffisamment d’expérience pour gérer la sienne est formidable ». À la fin de la saison de 2012, elle avait constaté qu’elle avait appris  tellement de choses que l’on ne pourrait pas répliquer dans une classe. « Tout le monde peut faire pousser une plante, même si l’on n’est pas doué, tant que l’on a accès à la terre, au soleil, à l’eau et à une graine. C’est un accomplissement vraiment satisfaisant. »

 

Quelle est la voie à suivre pour exercer le métier d’agriculteur urbain?

Pour déterminer où vous diriger dans ce secteur encore émergeant, Caitlin pense que la persévérance, la passion et la créativité sont clé. Les voies menant à cette carrière sont différentes, et s’étendent d’emplois à plein temps à des contrats à temps partiel. Pour en apprendre davantage, elle suggère d’assister à des activités liées à l’agriculture et à la nourriture organisées par des organismes tels que Sustain Ontario, FarmStart, Everdale et Fresh City Farms pour y faire du réseautage et approfondir ses connaissances.

Mélisanne encourage une approche concrète. « Il vous faudra mettre les mains à la pâte rapidement pour décider si ce travail vous convient. Les stages sont inestimables, et trouver un mentor est un excellent moyen d’obtenir un soutien et des connaissances. »

Caitlin reconnaît que l’agriculture est exigeante au niveau physique, alors ceux qui sont intéressés par l’agriculture urbaine devraient considérer leur corps comme une ressource précieuse qui nécessite des soins et de l’attention.

 

Quel est l’avenir de l’agriculture urbaine?

L’intérêt porté à l’agriculture urbaine est influencé par de nombreux facteurs, notamment par une plus grande curiosité à l’égard de la provenance des aliments en général. Alors que l’intérêt suscité par les systèmes alimentaires locaux et  durables continue de croître, l’intérêt pour l’agriculture urbaine va lui aussi augmente. Cela va se produire, dit Caitlin, particulièrement alors que « le pétrole devient plus rare et plus cher, et que la croissance démographique et la consommation excessive continuent de mettre de plus en plus de pression sur la terre à l’échelle mondiale ».

Mélisanne note la demande croissante de produits alimentaires urbains, qui nécessitent une participation accrue dans l’agriculture urbaine. Par exemple, la liste d’attente pour obtenir l’accès à des jardins communautaires est parfois très longue étant donné qu’il n’y a pas suffisamment de parcelles de terrain pour répondre aux besoins de tous ceux qui veulent cultiver la terre. Elle ajoute : « À mesure que l’agriculture urbaine deviendra plus visible, elle s’intégrera au paysage urbain. » Elle reste optimiste que la profession de fermier continuera d’être respectée comme elle l’était auparavant, et que les fermiers ne cesseront pas de soutenir et d’être soutenus par les communautés qu’ils servent.

Pour en apprendre davantage : http://sagerisingherbs.wordpress.com/

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