Quels défis les établissements d’enseignement postsecondaire doivent-ils relever aujourd’hui?

Je les placerai dans deux catégories :

La première catégorie évidente serait le défi d’avoir suffisamment de capitaux d’exploitation et de soutien d’infrastructure. Les problèmes à cet égard sont nombreux, mais je pense qu’ils sont bien connus et qu’ils peuvent être résolus d’une manière pratique en obtenant davantage de fonds. Il reste à savoir si ces fonds seront disponibles.

L’autre catégorie consiste à nous demander : enseignons-nous les bons sujets ou, inversement, les étudiants apprennent-ils les bons sujets, et les apprennent-ils de la meilleure façon? Ce sont des questions auxquelles il est bien plus difficile de répondre, parce qu’il n’y a pas de réponse claire et simple. L’argument généralement présenté est que les universités procurent le fondement pour pouvoir gérer des problèmes plus complexes et, dans certains domaines, fournissent des compétences professionnelles essentielles.

Selon vous, à quoi vont ressembler les classes et les cours universitaires dans les 10 à 20 prochaines années? 

Je pense qu’il y aura davantage d’autoformation offerte aux étudiants et sur laquelle ils compteront. C’est en partie parce qu’il n’y aura pas suffisamment de professeurs en classe pour des raisons financières, mais également parce que c’est la manière dont les étudiants aiment apprendre. Je pense que beaucoup plus d’étudiants entreprendront des cours offerts par d’autres universités qui sont reconnus par leur université locale. Il n’y a aucune raison, par exemple, qui empêcherait un étudiant de l’Université de l’Alberta de suivre un cours en ligne offert par une autre université située à Beijing ou à Toronto. Je pense que les étudiants passeront moins de temps dans les classes ou les salles de conférence.

Pour équilibrer ces changements, les professeurs devront offrir plus de séances de tutorat à des petits groupes d’étudiants régulièrement, mais moins fréquemment que les cours. Par exemple, un professeur pourrait passer une heure par mois avec des groupes de quatre à cinq étudiants, ce qui leur procurerait une expérience d’apprentissage plus personnelle et plus profonde que celle dont ils bénéficient actuellement.

Avez-vous des conseils à donner aux jeunes Canadiens qui se demandent quel genre d’études postsecondaires ils devraient entreprendre? 

Si une personne est intéressée par les domaines qui se penchent sur la société, les sciences de la santé ou le génie, je lui conseillerais de choisir une université ou un programme qui lui procurera une bonne compréhension de la façon dont ce domaine établit les contacts et est utilisé plus largement. Se connecter à d’autres domaines et à des personnes qui ont des niveaux d’instructions différents est très enrichissant. Apprendre à travailler avec des personnes qui viennent de milieux différents et possèdent des qualifications variées est très important.

Les données démographiques nous indiquent que les populations au Canada et dans pratiquement tous les autres pays du monde vieillissent. La cohorte des personnes âgées va augmenter considérablement. Les intérêts, les besoins et les désirs des personnes âgées sont très différents de ceux des personnes dans la vingtaine et la trentaine. Nous avons en général abordé les nécessités des personnes âgées en nous penchant sur leurs besoins en matière de soins de la santé et, plus récemment, sur leurs besoins financiers. Cela dit, un bon nombre de personnes âgées ont beaucoup d’autres intérêts, notamment dans les domaines de la culture, des spectacles et des arts. Ils ont également des besoins spécifiques par rapport aux logements, aux voyages, au tourisme, etc. Il s’agit d’un véritable débouché commercial, et très peu de programmes universitaires préparent les étudiants dans ce domaine. Les personnes à la retraite ne sont pas toutes dépendantes, appauvries ou de santé fragile. Il y a un vaste éventail de besoins que les jeunes peuvent combler, en s’engageant dans des carrières très gratifiantes.