Les robots vont-ils dérober les emplois de nos enfants?

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La croissance exponentielle de la puissance informatique combinée à la numérisation* a mené à la création d’une technologie qui transforme la science fiction en la réalité d’aujourd’hui. Cette nouvelle réalité se manifeste non seulement dans nos appareils mais aussi dans des robots et dans d’autres types d’ordinateurs qui remplacent petit à petit les humains sur les chaînes de production et dans les centres de service à la clientèle.

 

Nombre d’aptitudes humaines que l’on estimait auparavant trop difficiles ou trop coûteuses pour être converties en codes machines, ce qui nous avait jusqu’à présent empêché que notre emploi soit supplanté par la technologie, semblent à présent être accessibles aux robots.

 

Devrions-nous donc craindre que les robots subtilisent tous les emplois? Pour répondre à cette question, faisons marche arrière.

 

L’invention de la presse à imprimer par Johannes Gutenberg en 1440 a marqué l’arrivée de la première « ère de l’information ». La presse à imprimer était révolutionnaire du fait qu’elle pouvait produire un nombre considérable d’exemplaires d’un livre particulier dans le temps qu’il fallait à un être humain pour en faire un (l’unique méthode existant auparavant pour copier des textes). La multiplication des livres a procuré à tous un plus grand accès à l’information. Cet afflux d’information a rendu possible l’accélération du progrès intellectuel par l’entremise d’un partage amélioré. L’information étant devenue plus facilement accessible, la majorité des gens sont devenus mieux outillés pour prendre leurs propres décisions et créer de nouvelles façons d’apporter de la valeur sur le marché.

 

L’invention de la notion moderne de l’enfance et de l’école primaire doit également beaucoup à M. Gutenberg. Dans la culture principalement orale qui existait avant l’apparition de la presse à imprimer, dès qu’un enfant pouvait parler correctement (en général vers l’âge de sept ans), on supposait qu’il était capable de « raisonner » et d’assumer la responsabilité de ses actions. Dans une culture fondée sur le matériel imprimé, la nouvelle définition de l’âge adulte était toutefois fondée sur la capacité de lecture qui exigeait un niveau considérable de scolarité. Cela a reporté la transition vers l’âge adulte à 12 ans ou plus.1

 

Cette première ère de l’information a fait évoluer nos esprits et notre développement social par l’entremise de la liberté d’information

 

Élimination des restrictions

 

Passons à 1775 : L’invention du moteur à vapeur par James Watt a stimulé une série d’innovations connues aujourd’hui sous le nom de la « révolution industrielle ». Le thème récurrent de l’ère industrielle était la libération des limites physiques. Les machines ont fait exploser la productivité en la libérant des limites du muscle humain et animal. Le carburant qui alimentait les machines (initialement la vapeur, puis l’électricité et l’essence) a donné la mobilité à ces machines. La vapeur (aidée plus tard par l’invention de l’acier) a révolutionné les voyages par terre et par mer, ouvrant la porte à l’émergence d’une classe moyenne entrepreneuriale et à la mondialisation. L’électricité a libéré les usines pour qu’elles soient dorénavant conçues en fonction du flux de travail (au lieu d’être regroupées autour d’une source d’énergie centrale, comme une rivière) ce qui, à son tour, a mené à l’invention de la production de masse.2

 

Si l’on utilise la fabrication de voiture comme exemple, la production en masse a transformé « ce qui était autrefois le travail d’un seul homme… en une opération de 29 hommes (de tâches répétées, routinières), réduisant le temps de production de 34 pour cent » en utilisant « des machines… opérées par des ouvriers non qualifiés ».3 Du fait que les emplois étaient non spécialisés, les gens que la mécanisation avaient mis au chômage dans des domaines comme celui de l’agriculture pouvaient être rapidement formés et mis au travail dans les chaînes de production des usines.

 

Les « économies d’échelle » créées par la production en masse (lorsqu’une chose pouvait être produite en grande quantité à un prix unitaire extrêmement réduit, rendant chaque unité beaucoup plus abordable pour la plupart des gens) a nécessité l’embauche d’un personnel plus qualifié pour administrer toutes les activités de l’organisation, qu’il s’agisse de l’achat de pièces, de la surveillance de la production, de la vente directe au public ou par l’entremise de distributeurs, le paiement des coûts d’intrants et la collecte de fonds d’acheteurs. Plus d’emplois ont été créés par des entreprises secondaires qui n’avaient pas auparavant eu de raison d’être, comme les services de réparation et de maintien et les fabricants de pièces. Des organisations ont aussi commencé à se rendre compte qu’elles vendraient beaucoup plus si elles dépensaient plus sur la publicité, ce qui a amené la création de tout un groupe d’emplois qui n’avaient jusque là jamais existés. Et les emplois gouvernementaux liés à la construction et au maintien d’infrastructures (comme les routes, les écoles et les réseaux électriques), à la sécurité au travail, l’imposition et les autres formes de réglementation prirent également de l’expansion, financés par les impôts sur le revenu des sociétés et de particuliers qui ont augmentés au fur et à mesure que les profits et les revenus se sont accrus, respectivement.

 

La production en masse fut le miracle culminant de la révolution industrielle qui a été le moteur des plus grands changements et bénéfices sociétaux du fait qu’elle a amélioré la situation de pratiquement tout le monde. L’économiste Carlota Perez décrit ce qui s’est passé :

 

 « La force motrice principale de l’innovation à cette époque était la maison de banlieue. (L’efficacité de la production de masse a mis les voitures à un prix plus abordable pour les gens ordinaires.) L’automobile a rendu possible la construction de maisons ou de terrains bon marché (situés) entre les villes dispendieuses et la campagne isolée. Des centaines de milliers de nouvelles maisons signalaient la direction que l’innovation avait prise vers le confort : qu’il s’agisse de la facilitation du travail dans la cuisine, de l’augmentation des loisirs dans la salle à manger, de la réfrigération et de la congélation des aliments ou des plastiques jetables, d’aspirateurs ou de détergents et d’insecticides, de matériaux de revêtement de sol faciles à entretenir ou de fibres synthétiques n’exigeant pas de repassage, et ainsi de suite. Cette demande croissante a stimulé l’innovation en matière de productivité qui a fait augmenter les salaires et a transformé les travailleurs en consommateurs à revenu moyen. Cette boucle de rétroaction positive a été renforcée par l’assurance hypothécaire… et le crédit au consommateur qui ont permis de verser des paiements mensuels pour les maisons, les voitures et les appareils électroménagers; puis l’assurance-chômage a permis d’éviter les défauts de paiements et les pensions de vieillesse ont incité les gens à dépenser (le plus gros) de leurs salaires en toute confiance. »4

 

La production en masse a créé des emplois pour des travailleurs moins qualifiés accomplissant un travail routinier dans l’usine ainsi que pour des travailleurs hautement spécialisés qui avaient généralement plus d’éducation. Le système éducatif qui a été mis en place durant la majeure partie d’un siècle a été conçu pour enseigner aux travailleurs les compétences dont ils avaient besoin pour participer à l’économie industrielle et pour prospérer.5

 

La révolution « Combo »

 

La révolution technologique et économique que nous vivons actuellement est une combinaison de la première ère de l’information (la presse à imprimer) et de l’ère industrielle propulsée par la machine. Aujourd’hui, la puissance de l’information numérique exempte la productivité des limitations  découlant du fait que les gens accomplissent des tâches routinières.

 

Si vous pouvez fournir des instructions précises à quelqu’un d’autre sur ce qui doit être fait, vous pouvez souvent écrire un programme informatique précis pour accomplir la même tâche.6 Nous pouvons voir des exemples de la façon dont les robots ont suppléé les humains autour de nous tous les jours – au guichet automatique qui a remplacé l’employé de banque, à la pompe à essence libre-service programmée pour que vous puissiez obtenir votre essence et payer avec votre carte de crédit à quelques pas de votre voiture et pratiquement dans tous les magasins en ligne qui viennent à l’esprit. Mais ce n’est pas uniquement le travail moins spécialisé qui est susceptible d’être automatisé.

 

Vous pourriez être surpris d’apprendre que ce qui a été traditionnellement vu comme étant un travail hautement spécialisé peut aussi être automatisé – si ce travail peut être décomposé en une série de tâches relativement précises qui sont répétées chaque fois qu’il doit être fait. Par exemple,  un radiologiste est un docteur qui analyse et évalue les images dans les tests médicaux comme les rayons X, les tomodensitogrammes et les mammographies, mais il passe comparativement peu de temps à interagir avec des patients. Pour qu’un être humain devienne qualifié à faire le travail d’un radiologiste, il faut compter 13 années d’études et de formation postsecondaires. Mais, du fait qu’une grande partie de ce qu’il fait est hautement défini et répétitif, une partie importante du travail d’un radiologiste peut être accomplie par un logiciel de reconnaissance visuelle des formes. Et, alors que de plus en plus d’examens d’imagerie sont effectués et transmis par l’entremise d’appareils numérisés, il devient facile d’automatiser le travail du radiologiste.

 

Alors, comment pouvons-nous rivaliser avec des ordinateurs? Pour répondre à cette question, il nous faut comprendre les avantages réels que nous avons par rapport aux ordinateurs, et comment faire le meilleur usage de nos talents et de nos aptitudes distinctement humaines.

 

L’avantage des cerveaux anciens

 

Les cerveaux des humains en évolution ont passé des centaines de milliers d’années à apprendre les compétences subtiles et complexes nécessaires pour reconnaître et faire la distinction entre les images et les sons différents (comme le rugissement d’un animal dangereux, le tonnerre et les nuages noirs signalant l’approche d’un orage et la différence entre le cri d’un animal et celui d’un enfant, ainsi que toutes les différentes combinaisons d’intonations de voix et d’expressions faciales que les gens utilisent pour s’exprimer) et ce que les scientifiques appellent la « motricité fine » (par exemple, comme utiliser et coordonner nos sens ainsi que les diverses parties de nos corps pour accomplir diverses tâches). Ces compétences nous ont donnée un avantage pour interpréter et manipuler le monde qui nous entoure et nous aider à créer les liens sociaux grâce auxquels nous avons pu travailler ensemble pour former des sociétés qui améliorent la qualité de notre vie. Du fait toutefois que ces capacités (une fois apprises) deviennent une seconde nature, nous avons tendance à ne pas leur accorder beaucoup de valeur.

 

Les parties du cerveau humain liées au raisonnement « abstrait que nous associons à la pensée supérieure comme l’arithmétique ou la logique » se sont développées assez récemment. Dans l’économie d’aujourd’hui, nous avons tendance à valoriser ces nouvelles aptitudes cérébrales plus que les compétences qui étaient cruciales à notre survie et à notre développement depuis nombre de millénaires. Cela est compréhensible car c’est grâce à ces compétences que nous avons pu perfectionner les inventions qui ont amélioré notre prospérité de façon démesurée au cours des quelques derniers siècles. Ironiquement toutefois, répliquer ces ‘capacités de pensée supérieure’ pour un ordinateur « exige souvent un logiciel plus simple et une puissance informatique moins importante (pour reproduire) ou même excéder les capacités humaines ».7

 

En vue de prédire quels emplois les robots assumeront dans l’avenir, des chercheurs de MIT, Daren Acemoglu et David Autor ont utilisé une matrice binaire avec des capacités manuelles plutôt que cognitives (de réflexion) sur un axe et un travail routinier au lieu d’un travail non routinier sur l’autre.8 Ils ont trouvé que le travail de routine, indépendamment du niveau d’éducation ou de la capacité mentale requis, était plus susceptible de faire l’objet d’automatisation que le travail non routinier.

 

Même avec les progrès importants qui ont eu lieu en matière d’automatisation (comme la voiture sans chauffeur), le travail non routinier tend à exiger le genre de dextérité mentale et/ou physique qui peut être complexe et cher à décomposer en code machine. Par exemple, alors qu’une aide ménagère peut considérer le rangement comme l’un des aspects les moins attrayants de son travail, pour un robot, cette tâche serait cauchemardesque. Imaginez les compétences requises pour ramasser une paire de lunette et les mettre à leur place. Pour un être humain, rien de plus simple, mais le logiciel d’un robot devra être programmé pour reconnaître et prévoir les diverses positions dans lesquelles ces lunettes pourraient se trouver (les lentilles tournées vers le haut, vers le bas, vers l’avant, vers l’arrière; les branches ouvertes ou fermées, etc.) avant de les ramasser, de les orienter (ce qui inclut fermer une, deux ou aucune branche(s)), les insérer dans l’étui, fermer l’étui et le ranger (sans oublier que tous les ménages et tous les membres d’un ménage ne garde pas leurs lunettes de soleil au même endroit).9  Cela représente beaucoup de programmation pour une action que nous accomplissons sans même y penser. De même, les travaux exigeant l’utilisation de flexibilité, de créativité, de résolution de problèmes généralisée et de communications complexes sont beaucoup plus difficiles à coder et à automatiser.10

 

Alors une partie de notre avantage réside en notre capacité d’accomplir ce qui n’est pas routinier. Cela réside aussi en notre capacité à nous engager dans des interactions humaines que les gens valorisent. Laisseriez-vous un robot vous couper les cheveux, s’occuper de votre jeune enfant lorsque vous êtes au travail ou insérer votre cathéter (si vous vous trouviez malade à l’hôpital)? Vous pourriez laisser un robot faire partie du processus, s’il y ajoutait de la valeur.

 

La résistance est futile – Habituez-vous aux robots

 

Le futuriste Kevin Kelly offre cette vision de l’avenir de l’emploi : « Vous serez payé dans l’avenir selon votre aptitude à collaborer avec des robots ».11 Cela est dû au fait que, pour réduire l’écart entre les tâches routinières et non routinières, une évolution massive dans le développement de la programmation tend à être requise. Les ordinateurs fonctionnent bien dans leur cadre de référence mais pas si bien en dehors de cela. Les êtres humains, par contre, peuvent assez facilement changer leur cadre de référence. Par exemple, la programmation d’un système numérique ou d’un robot pour faciliter l’admission de patients sans état pressant dans la salle d’urgence, en posant des questions routinières couvrant des conditions fréquentes, est beaucoup plus plausible et coûte moins cher que de les programmer pour évaluer tous les problèmes médicaux éventuels.12

 

À l’heure actuelle, la mémorisation et « la lecture, l’écriture et l’arithmétique » demeurent au centre de l’éducation moderne. Sachant que les ordinateurs effectuent mieux la plupart de ces tâches, nous devons repenser notre approche. La mémoire joue un rôle très important dans l’apprentissage mais mémoriser des faits par cœur a une valeur limitée. Les compétences fondées sur l’idéation, la créativité, les formes de communication complexes et la reconnaissance de formes hors de l’ordinaire sont plus importantes que de pouvoir ajouter de la valeur tout en travaillant avec la technologie. Nous avons besoin d’en savoir suffisamment pour bien travailler avec la technologie tout en maintenant notre aptitude à penser de façon critique et à poser des questions tout en ajoutant de la valeur.

 

Cela aide aussi à éliminer les partis pris révolus lorsqu’il s’agit d’envisager des options d’emploi. Un récent article du Wall Street Journal rédigé par Lauren Web déplorait que les « sociétés vendant la technologie » avaient du mal à remplir des « postes de vente potentiellement lucratifs ».13 Les vendeurs ont longtemps été des proies faciles pour les médias déterminés à publier un article négatif ou d’autres formes de sensationnalisme. Mais le fait est que nous comptons sur des vendeurs efficaces qui nous font gagner du temps en nous aidant à comprendre nos options et à nous connecter à ce que nous recherchons. Lorsque vous vendez quelque chose, vous ne vendez pas le produit ou le service, vous vendez une solution à un problème ou la réalisation d’une aspiration qui sont toutes deux des besoins très humains. Pratiquement tout le monde peut en apprendre suffisamment sur une technologie particulière pour comprendre les problèmes ou les aspirations auxquels elle répond. L’art des ventes est de comprendre les gens et de trouver des moyens créatifs de connecter ce que vous vendez à la façon dont votre produit peut combler leurs besoins – chose que la technologie à elle seule ne peut pas accomplir. La technologie, tout en faisant partie des produits et des services, peut aussi aider les vendeurs à trouver leurs clients idéaux – ce qui est avantageux pour les deux parties et pour l’économie dans son ensemble.

 

Carlota Perez a étudié l’impact des innovations technologiques des quelques derniers siècles. Dans son évaluation, la façon de devenir prospère dans l’avenir inclura « la combinaison des TIC (technologies de l’information et des communications), la croissance verte et le développement mondial total ».14

 

« L’énergie à bas prix… et la main d’œuvre asiatique bon marché… (ont) donné lieu au modèle de l’ancienne production en masse de remplacement fréquent » pour continuer longtemps après les améliorations en matière de productivité issues de la technologie de la révolution industrielle qui ont culminé dans les années 70 et 80. La tendance sociale du remplacement fréquent (l’idée que nouveau veut dire meilleur) a également aidé à lancer les leaders actuels dans les industries émergeantes des technologies de l’information et des communications. Toutefois, « des changements dans les habitudes de consommation (ce que les gens achètent) se sont produits lors de chaque révolution technologique » et « ce que l’histoire nous enseigne est que ce genre de changement a lieu, non pas par culpabilité ou par peur, mais par désir et par aspiration ».15

 

Redéfinir et reconcevoir la consommation

Elle prévoit que les habitudes de consommation vont « passer de l’ancien mode de consommation à des vies saines, incluant une forte proportion d’éléments intangibles (comme les services) dans la consommation incluant plus de communication et de créativité, plus d’exercice et d’activités communautaires, plus d’éducation à la fois en face à face et sur l’ordinateur – plus d’attention et d’activités partagées et ainsi de suite, tout comme une durabilité beaucoup plus conséquente et la possibilité de recycler tous les produits tangibles. La «bonne vie écologique » (sera) créative, saine, agréable et confortable… elle (sera) ce à quoi les gens aspireront ».16

 

Pour l’économie et les emplois, cela signifie que : « Promouvoir une économie verte est un moyen solide de générer des emplois et de la croissance aujourd’hui. Cela exigera une nouvelle conception de tous les produits… en restituant la maintenance et organisant aussi des marchés de deuxième, troisième et quatrième main dans le monde entier à une échelle massive, et en créant des processus de démontage, de recyclage et d’autres réutilisations de matériau. Tout cela créerait des emplois pour les travailleurs de manufactures déplacés, alors que la conception, le remodelage et tous les secteurs et services créatifs emploieraient de jeunes diplômés universitaires ».17

 

La croissance économique est grandement aidée du fait que plus de personnes ont de l’argent à dépenser. Il y a une occasion largement sous-exploitée de créer une « demande » additionnelle dans la nouvelle économie en soutenant l’émergence de possibilités de gagner de l’argent pour des gens dans les nations en voie de développement en vue de leur donner un plus grand pouvoir d’achat. Les TIC rendent cela possible de deux façons.

 

Bond en avant de l’infrastructure

 

En premier lieu, par l’entremise d’un bond en avant de la technologie. Le réseau de base tout d’abord de notre téléphone et ensuite de notre télévision et de nos systèmes d’Internet a été construit au moyen de milliers de kilomètres de câbles tendus d’un poteau à l’autre et enfouis sous terre. Les nations en voie de développement comme beaucoup en Afrique n’ont jamais réussi à installer tous les câbles nécessaires pour amener ces services à la plupart des citoyens, simplement parce que les fonds n’étaient pas disponibles pour investir dans l’infrastructure ou pour couvrir les frais de ce qui aurait été des services dispendieux. Mais quelque chose d’intéressant s’est produit vers la fin du 20e siècle. Des services bon marché, sans fil et des appareils mobiles peu chers ont soudainement fait en sorte que presque tous les adultes africains aient les moyens de posséder un téléphone, éliminant effectivement le besoin d’établir une infrastructure de câbles coûteuse.

 

En deuxième lieu, en faisant de quiconque, n’importe où votre employé potentiel. Selon les auteurs du livre The second Machine Age18, « la délocalisation n’est souvent qu’une étape sur la voie de l’automatisation » mais est-ce que cela doit toujours être le cas? Automatiser un travail dans lequel l’être humain n’ajoute pas de la valeur peut être logique, mais employer une main d’œuvre relativement bon marché en combinaison avec une technologie moins onéreuse peut être l’approche la plus judicieuse et la plus adaptable.

 

Sama Source a été fondée sur le principe qu’il y a des gens qui vivent dans une extrême pauvreté mais qui sont capables de travailler dans l’économie numérique. Sama Source travaille en conjonction avec des sociétés qui prennent les décisions d’externaliser en se fondant sur l’impact social ainsi que sur le profit. Sama Source a été lancée après que son fondateur eut interviewé des entrepreneurs locaux durant une visite au Kenya et qu’il eut fini par engager des jeunes locaux pour traiter des données en utilisant des ordinateurs dans le café Internet de leur quartier. Les gens qui sont employés ont plus d’argent à dépenser sur des biens et des services. Mais qu’est-ce que les gens au Kenya achètent chez des Canadiens? Pourquoi pas des services intangibles qui peuvent être livrés à de nombreuses personnes sur Internet à un bas prix, comme l’éducation ou le développement professionnel? Les TIC ne donnent pas simplement la possibilité de quitter des économies développées comme celle du Canada, mais les Canadiens peuvent aussi les utiliser pour vendre des services à valeur ajoutée et à des prix abordables aux habitants de pays développés.

 

Pour créer des carrières durables dans l’économie émergente, gardez deux choses à l’esprit :

  • Visionnez les carrières potentielles en tenant compte de la quantité de travail routinier et non routinier qu’elles exigent.
  • Poursuivez des études qui enseignent à la fois la matière et la façon d’effectuer votre travail en conjonction avec la technologie.
  • Réfléchissez à la façon dont vos intérêts, vos talents et votre éducation pourraient être utilisés pour fournir des services intangibles ou faisant partie de la conception et de la production de marchandises réutilisables et recyclables dans le contexte du marché mondial.

 

C’est le meilleur moyen de se préparer en vue des emplois qui émergent à l’heure actuelle et de ceux de la nouvelle économie qui n’ont pas encore été inventés.  Le robot-conseiller, le manipulateur de données volumineuses, le chirurgien à distance, le tangibiliseur de systèmes et le thérapeute en technologie du prêt-à-porter sont juste quelques exemples des possibilités d’emploi dans le deuxième âge de la machine à propos desquels vous pouvez vous renseigner sur le site Carrièresde2030.

 

* La numérisation convertit l’information en une file de zéros et de un (aussi intitulés « code ») qui est « la langue maternelle des ordinateurs ». L’information qui est numérisée peut être des images, des sons ou des instructions pour accomplir une tâche. L’information peut provenir de fichiers de logiciels ou de balayages. Des vidéos sont une combinaison d’images et de sons numérisés. Un travail de broderie peut être balayé et converti en un code qui est envoyé à une machine de broderie informatisée qui reproduira reproduire un autre travail de broderie identique.

 

1  From Gutenberg to Zuckerberg, John Naughton, 2012, pg. 10

2  The Second Machine Age: Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, 2014, pg.

3  THE FUTURE OF EMPLOYMENT: HOW SUSCEPTIBLE ARE JOBS TO COMPUTERISATION?” Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, le 17 septembre 2013, pg. 9

4  The New Technological Revolution, Carlota Perez, Presentation at the Technology Frontiers Forum of The Economist, le 5 mars 2013

5 We Need Schools…Not Factories, Sugata Mitra, 02/27/2013, http://www.huffingtonpost.com/sugata-mitra/2013-ted-prize_b_2767598.html

6  The Second Machine Age: Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, 2014, pg. 185

7  The Second Machine Age: Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, 2014, pg 139

8  “The Polarization of Job Opportunities in the U.S. Labor Market”, David Autor, http://economics.mit.edu/files/5554 and “Skills, Tasks and Technologies: Implications for Employment and Earnings, Daron Acemoglu et David Autor, http://economics.mit.edu/files/5571

9  “Anything You Can Do, Robots Can Do Better”, Martin Ford, The Atlantic, le 14 février 2011

10  Bresnahan 1999, Bresnahan, Timothy F., “Computerization and Wage Dispersion: An Analytical Reinterpretation,” Economic Journal, CIX (1999), 390– 415

11  “Better than Human:  Why Robots Will – and Must – Take Our Jobs”, Kevin Kelly, Wired, le 24 décembre 2012

12  The Second Machine Age: Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, 2014, pg 194

13  “Why It’s So Hard to Fill Sales Jobs: ‘Salesman’ Baggage Means Well-Paying Tech-Industry Positions Go Begging”, Lauren Weber, The Wall Street Journal, le 6 février 2015

14 “Why IT and the green economy are the real answer to the financial crisis”, Affichage d’invité par Carola Perez, le 19 mars 2012,  http://greenallianceblog.org.uk/2012/03/19/why-it-and-the-green-economy-are-the-real-answer-to-the-financial-crisis/

15  ibid

16   A NEW AGE OF TECHNOLOGICAL PROGRESS, Carlota Perez, pg. 27

17   “Why IT and the green economy are the real answer to the financial crisis”, Guest Post by Carola Perez, le 19 mars 2012,  http://greenallianceblog.org.uk/2012/03/19/why-it-and-the-green-economy-are-the-real-answer-to-the-financial-crisis/

18  The Second Machine Age: Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, 2014, pg 183

19  http://samagroup.co/, un remerciement spécial à Marie Forleo d’avoir attiré l’attention de l’attention de l’auteure sur Sama Source et sa fondatrice, Leila Janah.