Depuis 1960, le taux de participation à l’université a augmenté substantiellement. Nous approchons aujourd’hui d’un taux d’inscription à l’université et au collège de 70 %. Les études postsecondaires sont devenues une opération d’envergure qui a une influence sur l’apprentissage de l’élève. Dans les années 50 et 60, l’environnement ressemblait plus à celui d’un petit collège où les étudiants pouvaient plus facilement interagir avec le corps professoral. Les classes comptent beaucoup plus d’élèves aujourd’hui. Cela signifie que les étudiants doivent faire preuve d’une plus grande autonomie dans la façon dont ils apprennent.

Parallèlement, une explosion des connaissances a eu lieu. Grâce à l’Internet, les étudiants ont accès à une université d’information en constante expansion avec un clic de souris, et cela change ce que nous faisons au sein de nos classes. Au cours des décennies précédentes, les professeurs et les livres de cours étaient la source principale de savoir. Les étudiants disposent maintenant de toute une variété de sources pour accéder à des connaissances et des renseignements. Outre d’enseigner en classe, les professeurs d’aujourd’hui aident aussi les étudiants à analyser et à interpréter l’information qu’ils trouvent en ligne. L’environnement de l’apprentissage a changé et va continuer d’évoluer.

Ne vous limitez pas à écouter votre conseiller en orientation. Vous avez besoin d’une diversité de perspectives.

Si vous avez obtenu un diplôme dans les années 50 et 60, le pourcentage de personnes ayant un diplôme universitaire était alors plus faible qu’aujourd’hui et le nombre de possibilités était plus vaste. Vous aviez aussi plus de chances de rester dans la même profession pour le reste de votre vie. Nous produisons aujourd’hui un plus grand nombre de diplômés alors les emplois sont moins nombreux, ce qui fait que la concurrence est plus grande. Autres différences, les étudiants sont aujourd’hui plus conscients de leurs options de carrières et plus aptes à changer d’emploi et même de profession au fur et à mesure qu’ils progressent dans leur situation. Cela a provoqué un changement important dans la mentalité des élèves qui sont poussés par les réalités du marché du travail.

Nombre d’emplois en forte demande aujourd’hui n’existaient pas il y a dix ans, et il est difficile de prédire quels emplois seront en forte demande dans 10 à 20 ans d’ici. Certaines choses resteront inchangées, mais la façon dont on appliquera ses connaissances changera sans aucun doute.

Chaque établissement postsecondaire répond à la nouvelle réalité sur le marché du travail d’une façon différente. Certains d’entre eux s’efforcent de fournir à leurs étudiants des compétences directement utilisables sur le marché. Ce genre de formation est typiquement réservé au collège, mais l’université offre aussi des programmes de ce genre — des programmes professionnels comme la médecine, les soins infirmiers, l’éducation, le droit ou l’ingénierie.

Mis à part ces écoles de formation professionnelle, un débat a toutefois été entamé au pays à propos de ce qui devrait être fait pour aider les étudiants qui ne sont pas inscrits à des programmes professionnels. Il n’y a pas de consensus. Certains disent qu’il est important pour les universités de veiller à ce que leurs étudiants aient acquis un savoir-faire applicable sur le marché. D’autres suggèrent que l’objectif principal devrait être de former des diplômés bien éduqués, polyvalents possédant quelques autres qualités essentielles et des compétences transférables qui les aideront à se développer. Malgré les aspects plus formels de l’apprentissage postsecondaire, des éléments de cette formation se déroulent aussi en dehors de la classe. Un apprentissage s’effectue au sein de la communauté, lors de stages au cours desquels les étudiants travaillent en collaboration avec la communauté ou des organisations d’affaires. Et certains tirent parti de la possibilité de faire un stage dans un pays étranger.

Il faut que nos étudiants aient une vision à l’échelle mondiale. Certains de nos diplômés peuvent avoir du mal à trouver du travail localement ou même au pays. Que font-ils? Ils cherchent à l’étranger. Et ils le font sans le soutien de l’université. Et si nous offrions un programme permettant aux étudiants de faire des stages outre-mer? Tout d’un coup, l’étudiant possède une expérience additionnelle qui fera de lui un atout précieux. Le secteur manufacturier est un bon exemple. C’est un secteur en difficulté ici, mais des compagnies comme Magna et Linamar continuent de prospérer parce qu’elles ont accru leurs activités à l’étranger. Si vous voulez vous joindre à l’une de ces sociétés, vous devrez posséder une dimension internationale.

Mon conseil aux étudiants du secondaire est simple : ne vous limitez pas à écouter votre conseiller en orientation. Vous avez besoin d’une diversité de perspectives. Il est trop tôt à l’école secondaire pour diriger les étudiants dans une direction ou une autre. L’un de mes mentors m’a dit une fois : « Un esprit est comme un parachute. Il fonctionne mieux lorsqu’il est ouvert. »  Ne limitez pas vos options trop tôt.